Quand le politique émerge sur la scène du désastre.
Catastrophes naturelles, figures de vulnérables et prises de parole.

Revet, Sandrine (2008) « Quand le politique émerge sur la scène du désastre. Catastrophes naturelles, figures de vulnérables et prises de parole. », Actes du colloque international Terrains d’asile. Corps, espaces, politiques du programme ASILES (CEAf, IRIS, TERRA)

Résumé :
Les catastrophes dites « naturelles » donnent lieu depuis une quinzaine d’années au déploiement d’un nouveau monde d’acteurs, de pratiques et de discours, au croisement de la sphère des secours et de celle de la prévention. Ces acteurs internationaux contribuent à la production de modèles de réponse et de prévention aux catastrophes naturelles. A travers ces modèles, se dessine une image de la victime de catastrophe construite autour de plusieurs figures de la vulnérabilité, qui renvoient à la fois à des caractéristiques physiques et à des situations sociales (enfants, femmes enceintes, personnes âgées, personnes sans-abris, personnes déplacées, personnes souffrant d’un handicap, illettrés...).

Dans le même temps, au cours des situations provoquées par ces catastrophes, (assistance, déplacement, reconstruction...), d’autres figures de victimes ont la possibilité de se manifester. Prises de paroles, protestations, manifestations, résistances individuelles ou collectives sont autant de stratégies et de tactiques utilisées par les « victimes » pour faire entendre leur voix. Je propose dans cette communication de présenter des tactiques et des mobilisations observées dans le sillage d’une catastrophe naturelle qui a eu lieu au Venezuela en 1999, ainsi que les actions mises en oeuvre par une coalition d’organisations sociales, le People’s Hurricane Relief Fund (PHRF) aux Etats-Unis après le passage de l’ouragan Katrina en août 2005.

Au Venezuela, les prises de parole ont eu lieu au cours des différentes phases de l’après-catastrophe (assistance dans les refuges, déplacement, reconstruction). En Louisiane, le PHRF a notamment organisé en août 2007, pour le deuxième anniversaire du passage de l’ouragan, un Tribunal International des droits de l’homme pour mettre en regard le traitement de la catastrophe et les conventions internationales, notamment en termes de droits de l’homme et de droit humanitaire. Leurs revendications font émerger la figure du « survivor » (survivant) tout en s’appuyant sur différentes figures de « vulnérables » (afro, femmes, déplacés, réfugiés etc...).

Dans les deux cas, c’est l’apparition de formes de politique sur des scènes qui se prétendent mues par l’urgence et la nécessité et caractérisées par leur caractère purement technique qui m’intéresse.